martes, 17 de febrero de 2015

La foire des fouilles (France)

Le sujet est explosif depuis dix ans. Il est revenu dans l’actualité le 5 février, quand une centaine d’archéologues en colère ont bloqué les caisses du musée du Louvre pour dénoncer « la privatisation et la marchandisation du secteur ». Ils travaillent pour l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), entité qui appelle une explication. L’archéologue préventif fouille un site avant qu’il ne soit transformé en autoroute, en supermarché ou en musée. Calmons les fantasmes des Indiana Jones en herbe. Il s’agit d’ouvrir le sol, de mettre au jour un vestige, ou ce qu’il en reste, pendant quelques semaines, de le documenter, puis de laisser le champ libre aux tractopelles. « On fouille pour détruire », dit l’archéologue Frédéric Rossi. Cela constitue 90 % du métier en France.

Ces fouilleurs sont considérés comme « des emmerdeurs » par les élus ou promoteurs. Les premiers s’occupent des morts, les seconds des vivants. Les uns ralentissent un chantier, les autres veulent l’accélérer. Les archéologues pensent au patrimoine, les élus au coût.
« Logique du BTP »

C’est une loi de 2001, votée par la gauche, qui crée l’Inrap et impose qu’un site soit fouillé avant construction. Et une loi de 2003, votée par la droite, qui ouvre le marché aux entreprises privées. Il en existe une vingtaine en France, qui, avec 700 archéologues environ, ont croqué autour de 50 % du marché à l’Inrap et ses 2 000 agents. Les archéologues du privé ont la même formation que ceux du public, leurs entreprises doivent être agréées.

En savoir plus sur: Le Monde: http://www.lemonde.fr/archeologie/article/2015/02/13/la-foire-des-fouilles_4575943_1650751.html#Rx5yrhDYWWku7EPj.99