jueves, 23 de octubre de 2014

A Saint-Prex, une villa romaine dormait sous les ceps (Suisse)

Le chantier de construction d'une villa jumelle, à Saint-Prex, a révélé un important vestige archéologique. Une villa datant de l'époque romaine (entre le Ier et le IVe siècle après J.-C.) se cachait sous une parcelle viticole située en bordure de la route de Lussy.
«Nous connaissions l'existence d'un tel établissement à Saint-Prex, mais nous ignorions où il se situait exactement», explique Nicole Pousaz, archéologue cantonale, confirmant l'information parue dans La Côte. La parcelle a été passée au peigne fin ces dernières semaines et les premiers résultats devraient paraître prochainement.
Une sacrée tuile pour le propriétaire du terrain, Yves Morand, qui devra mettre la main au porte-monnaie: il devra s'acquitter d'une partie des frais des fouilles archéologiques. «En réalisant cette construction, je détruis des vestiges. C'est donc légalement à moi de payer», soupire-t-il. «Il s'agit du principe du pollueur-payeur. Ce n'est pas à la collectivité de prendre en charge ces frais», détaille Nicole Pousaz. Le propriétaire recevra toutefois une aide cantonale.

Deux mois de fouilles

Pourtant, le Saint-Preyard n’ignorait pas qu’un propriétaire bien plus ancien avait peut-être déjà eu la même idée que lui, à savoir installer ses pénates sur cette parcelle offrant une vue magnifique, en bordure de la route de Lussy. «Je savais que c’était un site sensible, j’ai donc demandé que des sondages soient réalisés avant la mise à l’enquête. Et j’espérais que les archéologues ne trouveraient rien.» Manque de chance, c’est bien sûr son terrain que les vestiges du domaine de l’ancien occupant ont refait surface. Dès lors, les archéologues ont débarqué sur les lieux, retardant la construction de la maison. Après deux mois de fouilles, les spécialistes s’apprêtent à publier les premiers résultats.
«Il s’agit bel et bien d’une villa romaine (ndlr: le terme latin désignant un vaste domaine agricole), affirme Nicole Pousaz, archéologue cantonale, confirmant l’information parue dans La Côte. La présence de pilettes et de dalles en terre cuite indiquent qu’il existait un système de chauffage par hypocauste.» Autrement dit, la propriété, habitée par un riche Romain, abritait des thermes.
Au final, si les fouilles ont livré de précieux objets – pièces de monnaie, amphores, bracelet –, l’antique demeure ne sera pas conservée. «Les archéologues ont pris des photos et établi des relevés afin de garder une trace du site, mais la construction de ma villa a pu démarrer», indique Yves Morand. Néanmoins, le propriétaire n’est qu’à moitié soulagé.
Car, à sa grande surprise, c’est à lui que revient le financement des fouilles. «La construction de cette villa jumelle implique la destruction de patrimoine, explique Nicole Pousaz. Légalement, ce n’est pas à la collectivité de payer pour ce genre d’initiative.» Selon un premier devis, la douloureuse a été fixée à quelque 100 000 francs par la société Archeodunum, mandatée pour la campagne archéologique. Une estimation qui ne comprend pas les semaines de fouilles supplémentaires, non prévues au départ.

Tribune de Genève: http://www.tdg.ch/culture/saintprex-villa-romaine-dormait-ceps/story/19907726

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