viernes, 26 de septiembre de 2014

Les archéologues sur la piste des voleurs de crânes humains (France)

Deux vols d'ossements médiévaux ont eu lieu depuis les Portes Ouvertes sur la nécropole des pestiférés. Cette opération aurait-elle attiré les convoitises ?
Qui a volé des crânes de victimes de la peste datant du Moyen-Age sur le chantier de fouilles de la rue des 36 Ponts ? Qui sont les auteurs de ces macabres expéditions organisées en pleine nuit, sur le site désert de l'ancienne nécropole de Saint-Michel ? Les voleurs vont-ils essayer de négocier ces crânes sur internet ? Ou veulent-ils simplement les exposer dans leur salon ?
De nombreuses questions se posent après un nouveau vol de restes humains découvert lundi par les archéologues du laboratoire Archeodunum. C'est la deuxième fois en quinze jours que ce chantier de fouilles est visité par des pilleurs. À chaque fois les voleurs sont allés directement se servir sous les bâches qui protègent les fosses où ont été empilés au XIVe près de 150 cadavres d'habitants de tous âges, probables victimes de l'épidémie de peste noire qui a décimé l'Europe. Le premier vol a eu lieu après les portes ouvertes organisées le 6 septembre par Archeodunum. Cette opération avait attiré plus de 800 visiteurs. La vision de ces dizaines de squelettes alignés les uns sur les autres était très spectaculaire et impressionnante. Ce cimetière de pestiférés serait un des plus importants de France… Fallait-il le dévoiler au public ?
«Forcément on se demande s'il y a un lien et si les voleurs ont fait leurs repérages ce jour-là», confiait hier l'archéologue Benoit Kirschenbilder, responsable scientifique du chantier. «Nous avons voulu informer les Toulousains de l'existence de cette vaste nécropole qui a couvert plusieurs siècles, de l'Antiquité au Moyen Âge, et montrer les sépultures dites «de catastrophe». Nous étions cinq archéologues à guider les gens. Nous sommes navrés du manque de respect de ceux qui ont fait ça. Un crâne humain, ce n'est pas de la déco. Par ailleurs c'est une grosse perte scientifique. Ils ont fait pas mal de dégâts». Le laboratoire Archeodunum a porté plainte et la Drac envisagerait de faire de même.

Vendre ou garder des crânes humains est interdit

Lors de leurs deux expéditions nocturnes, les voleurs ont emporté au moins six crânes qu'ils ont plus ou moins endommagés car ces ossements très anciens se brisent comme du verre. Ces personnes risquent de lourdes amendes. Même si ces crânes datent du Moyen-Age, ils ont le même statut juridique que des restes contemporains. Les voleurs se rendent coupables de recel d'ossements humains ce qui est interdit par la loi, tout comme leur vente. Par ailleurs ils ont pénétré sans autorisation un chantier de fouilles, endommagé et volé du matériel archéologique faisant entrave à la recherche scientifique. Une enquête policière est en cours.

LaDepeche.fr: http://www.ladepeche.fr/article/2014/09/25/1958676-les-archeologues-sur-la-piste-des-voleurs-de-cranes-humains.html

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