martes, 2 de septiembre de 2014

Découverte d’une occupation néandertalienne en bord de Saône (France)

Une équipe d’archéologues de l’Inrap fouille, sur prescription de l’État (Drac Rhône-Alpes), un site du Paléolithique moyen à Quincieux, à l’occasion des travaux de l’A466. Après avis de la commission interrégionale de la recherche archéologique, et dans le cadre d’une procédure de « découverte exceptionnelle », le préfet a prolongé la durée d’intervention de cette fouille d’un hectare.
Une séquence stratigraphique exceptionnelle
Ce site préhistorique est implanté sur une butte lœssique dominant l’ancien lit de la Saône. Unique en Rhône-Alpes, cette séquence sédimentaire qui associe des dépôts d’origines fluviatile et éolienne, renseigne sur l’évolution de la Saône durant le Pléistocène supérieur (128 000-11 000 ans). Initialement haute de 8 m, elle est constituée d’une succession de paléosols et de lœss : le plus ancien, épais de plus de 2 m, est daté entre 55 000
et 35 000 ans, c’est-à-dire durant la fin du Paléolithique moyen. La fouille révèle une faune riche répartie sur trois niveaux et associée à des silex taillés abandonnés par les Néandertaliens.
Une faune de climat froid
L’ensemble des espèces animales découvertes caractérise un climat froid et un environnement steppique. Plusieurs centaines de restes osseux appartiennent majoritairement à de grands herbivores : mammouth, rhinocéros laineux, cheval, bison et renne. Les carnivores, moins nombreux, sont représentés par un crâne d’ours des cavernes et quelques ossements de loup. Ces ossements sont souvent isolés, plus rarement en connexions anatomiques. La plupart des accumulations résultent de l’action de l’homme : les animaux présents ont été chassés et/ou charognés par les Néandertaliens qui ont exploité ces carcasses, certains os présentant des traces de fractures d’origine humaine. Parallèlement, les archéologues constatent un déficit d’os longs, ce qui tend à montrer que les parties riches en viande ont été emportées, probablement sur un site d’habitat.
Un témoignage des activités de subsistance de l’Homme de Néandertal
Le site de Quincieux offre donc l’occasion d’étudier les comportements de subsistance de l’Homme de Néandertal hors de son habitat ou de ses haltes de chasse, habituellement fouillés par les archéologues. L’industrie lithique est peu abondante et se compose de quelques nucléus ainsi que d’éclats de silex et de calcaire dur. Ici, les Néandertaliens n’ont eu besoin que de quelques éclats pour découper des quartiers de viande. Les études paléontologiques et archéozoologiques à venir seront capitales pour préciser la nature exacte du site et les activités qui s’y sont déroulées.

Aménagement
APRR

Contrôle scientifique
Service régional de l’Archéologie, Drac Rhône-Alpes

Recherche archéologique
Inrap

Responsable scientifique
Jean-François Pasty, Inrap


INRAP: http://www.inrap.fr/archeologie-preventive/Actualites/Communiques-de-presse/p-18689-Decouverte-d-une-occupation-neandertalienne-en-bord-de-Saone.htm

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