miércoles, 28 de mayo de 2014

Le joyau menacé de l’Institut roumain d’archéologie

L’Institut d’archéologie de l’académie de Roumanie peine à trouver des financements. Installé dans une vieille maison en piteux état, il recèle des collections aujourd’hui en danger.
Le quartier est cossu. Dans la rue Henri Coanda, les bâtiments sont de larges maisons du 19e siècle avec clôtures en fer forgé. A côté de l’ambassade d’Italie, de hautes grilles ferment un jardin mal entretenu et une grande maison décrépie.
Malgré les vitres noircies, les larges pierres et les statues démembrées gisant sur la pelouse, la maison n’est pas un manoir hanté. C’est l’Institut d’archéologie de l’académie de Roumanie. Une vieille demeure classée monument historique, l’une des plus anciennes maisons privées de Bucarest.

Une maison jamais restaurée

L’intérieur de la bâtisse est à l’image de son jardin : la beauté des lieux est gâchée par l’absence d’entretien. Pourtant, ce n’est pas la volonté qui manque, selon son directeur adjoint. Nicolae Bugen, dans son élégant costume de lin gris, fait office de guide.
« C’est un désastre, dit-il en pointant du doigt la verrière abîmée, puits de lumière du hall d’entrée. Notre chance, c’est que les matériaux d’origine sont de bonne qualité. Mais la maison n’a jamais été restaurée, cela devient critique. »
D’abord propriété privée, la maison accueille l’Institut d’archéologie depuis l’entre-deux guerres. Y sont entreposés une importante collection de numismatiques grecques, romaines et byzantines ainsi que des stèles et des frontons gravés de la même époque.
Un patrimoine archéologique qui se fragilise avec le temps. Les stèles derrière la maison n’ont pourtant qu’une simple pergola au toit de  plastique pour les protéger des intempéries.

Pas de subventions de l’Etat ni de l’Europe

En poste à l’Institut depuis 1983, Nicolae Bugen a vu son lieu de travail se détériorer année après année. La faute, d’après lui, aux gouvernements successifs et aux règles trop strictes de la Commission européenne, inadaptées au statut juridique de la maison. “Nous n’avons pas accès aux subventions car le bâtiment appartient à l’Etat“, déplore le directeur adjoint.
Les autorités publiques ne financent pas davantage les multiples demandes de travaux. “Il y a des moments où il n’y a pas assez de budget pour payer l’électricité. Il faut un grand enthousiasme pour travailler dans ces conditions.”
Par temps de pluie, l’eau s’infiltre à l’intérieur et menace autant le bâtiment que les vestiges abrités. “Il nous manque 500 euros pour pouvoir financer les travaux de toiture. Le ministère de la Culture n’est pas capable de nous trouver cette somme.”

Un risque d’accident

La vétusté des lieux pose aussi des problèmes de sécurité. Ironie de l’histoire, à sa construction, la vieille maison affichait son modernisme avec son chauffage central et son ascenseur. Aujourd’hui, le hall à peine éclairé et les peintures craquelées font peine à voir.
Son directeur adjoint craint qu’un accident se produise un jour. “L’équipe dirigeante peut être tenue responsable pénalement s’il y a des dommages”, redoute Nicolae Bugen. Pour tenter d’éviter le pire et dégager sa responsabilité en cas d’accident, la direction adresse des rapports et des demandes de travaux plusieurs fois par an au ministère de la Culture.
“La réponse, c’est toujours que le budget n’est pas suffisant. La conséquence, c’est que Bucarest est en train de perdre l’un de ses trésors”, déplore le directeur. Actuellement, les fonds alloués à la culture ne représentent que 0,2% du budget de l’Etat.

Newsroum: http://newsroum.fr/le-joyau-menace-de-linstitut-roumain-darcheologie/

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