jueves, 20 de febrero de 2014

Jura : des recherches à Crotenay relancent la piste d’Alésia (France)

Lons-le-Saunier. Les 400 membres qui composent l’association ArchéoJuraSites pourraient trouver une nouvelle source afin d’alimenter leur moulin à Crotenay. S’il est peu probable que le site concerné par l’extension d’une carrière soit celui de la bataille de cavalerie entre Gaulois et Romains, il pourrait bien révéler, en revanche, dans les prochaines semaines, une importante activité humaine, qu’il reste à dater. Mais les premiers indices semblent accréditer une présence gauloise. C’est la mission de Christophe Meloche. L’archéologue a en effet été mandaté pour procéder à un diagnostic archéologique, suite à l’enquête publique d’extension de la carrière Ayel.
Des dizaines de tranchées sur six hectares
Les recherches se sont terminées mardi, non sans que des pièces jugées « très intéressantes » aient été trouvées. Pour l’essentiel, ce sont des céramiques qu’il s’agit maintenant de dater et d’expertiser avant de les conserver au CEJ de Lons-le-Saunier. L’organisme est chargé de « recevoir l’ensemble du mobilier archéologique jurassien ».
Christophe Meloche reste muet sur le contenu de ses découvertes. Ce qui est sûr concerne la nature des objets, « qui confirment une présence humaine non négligeable. Il n’y a certainement pas d’armes sur le site. Mais on peut supposer la présence de nombreux morceaux de céramique ». Cette activité humaine se caractérise par la modification du sous-sol. « Les “sondages” sont réalisés sur environ 30 cm à 35 cm de profondeur », explique André Alix, adhérent d’ArchéoJuraSites, particulièrement chargé par l’association de suivre cette opération.
Sur certaines tranchées, on voit nettement que la couche aluvio-glacière a été modifiée. Normalement, en dessous de cette couche, il n’existe pas de traces qui n’aient été faites par l’homme. Ce sont des dizaines de tranchées qui ont été creusées, « de 20 m de long, espacées de 10 m, en quinconce, sur 6 hectares », précise l’archéologue. Quant au chemin empierré, tracé dans le prolongement d’un sentier, « on verra s’il est inscrit au cadastre napoléonien. Cela donne déjà une première indication sur son origine ». Objets en poche, il a deux mois pour rédiger un rapport. À charge pour les services de la préfecture de région de décider ou non de fouilles préventives. C’est alors que le CIRA (centre interdisciplinaire de recherches archéologiques) prendra en charge le dossier afin d’émettre un avis consultatif, sur l’intérêt de lancer un programme de fouilles. Au chapitre de cette procédure, longue, pourraient débuter des fouilles qui resteraient à la charge de l’aménageur. La carrière peut alors soit poursuivre son projet, avec obligation de financer les fouilles, soit y renoncer. Dans cette seconde hypothèse, le terrain est gelé définitivement.
Arrivé sur le site le 10 février, Christophe Meloche, assisté par Arnaud Goutelard, autre archéologue, s’est fait très discret. Il sait que ses recherches peuvent revêtir un caractère particulier, compte tenu de l’hypothèse d’André Berthier sur l’emplacement du site d’Alésia, à Chaux-des-Crotenay. Et lorsqu’on l’interroge sur le sujet, Christophe Meloche lance, lapidaire : « Joker ! ».

estrepublicain.fr: http://www.estrepublicain.fr/actualite/2014/02/20/jura-des-recherches-a-crotenay-relancent-la-piste-d-alesia

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